La
preuve, ce serait la difficulté que nous avons eu
à trouver des renseignements par le Net...
L'explication
? Hum... Le peuple s'était apparemment saisi en Mai
2005 de ce que d'aucun pense ne pas être de son ressort, et
il a mal compris, même si on a tenté d'être pédagogue
avec lui... Là, le traité, on vous le dit, il est "mini",
"simplifié" ... Alors vous laissez les gens qui comprennent
décider, il faut avancer dans la construction européenne,
et puis c'est tout !
Presque
tout le monde est d'accord. Socialistes compris - eux qui détiennent
la clef de l'échec possible d'une possible réforme constitutionnelle,
donc d'un possible référendum....
|
C'est
un média britannique qui a fini par le dire, parce qu'assourdissant,
le silence, en France, il l'est... On se tait parce qu'on craint
un nouveau vote Non... Quand le peuple vote mal, on lui enlève
le droit de vote : c'est bien pour le moins un déni de
démocratie...
Bruno
Waterfield, le correspondant à Bruxelles du quotidien
britannique The Telegraph révèle aujourd’hui
que Nicolas Sarkozy, devant un groupe de parlementaires européens
réunis à huis-clos, a admis que " des référendums
sur le nouveau traité européen étaient
’dangereux’ et perdants en France, en Angleterre
et dans d’autres pays. Il y a un gouffre entre les peuples
et les gouvernements "
Parlant
du référendum du 29 mai 2005, Sarkozy a dit
que " La France n’était
qu’en avance sur les autres pays dans son vote pour
le NON. ". "
La même chose arriverait dans tous les Etats membres
si un référendum y était organisé
", a-t-il ajouté. " Un
référendum aujourd’hui mettrait l’Europe
en danger. Il n’y aura pas de traité si un référendum
a lieu en France, et il en va de même pour un référendum
au Royaume-Uni. "
ou
en anglais pour les sceptiques :
EU
polls would be lost, says Nicolas Sarkozy
By Bruno Waterfield in Brussels
Last Updated: 2:48am GMT 15/11/2007
«
Referendums on the new European Union Treaty were "dangerous"
and would be lost in France, Britain and other countries,
Nicolas Sarkozy has admitted.
The
French president's confession that governments could not win
popular votes on a "simplified treaty" - drawn up
to replace the EU constitution rejected by his countrymen
two years ago - was made in a closed meeting of senior Euro-MPs.
"
France was just ahead of all the other countries in voting
no. It would happen in all member states if they have a referendum.
There is a cleavage between people and governments,"
he said. "A referendum now would bring Europe into danger.
There will be no Treaty if we had a referendum in France,
which would again be followed by a referendum in the UK."
The
comments confirm suspicions that the real reason why Britain,
and all other EU countries, apart from Ireland, were refusing
to hold popular votes was because governments were afraid
they would lose them. ”
http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2007/11/14/wfra114.xml
Et
pour les socialistes, un au moins ose dire clairement
ce qui se passe au PS... :
J-L Mélenchon, 5 minutes d'une vidéo sur le
site de Marianne 2... Pour les plus pressés, écoutez
à partir de la 4° minute....
http://www.marianne2.fr/Melenchon-Les-socialistes-ont-peur-d-un-referendum-sur-l-Europe-_a80826.html
|
Une explication
du renoncement des socialistes, y compris ceux du Non, est peut-être
qu'une partie des socialistes qui voudraient faire obstacle au désir
d'avenir de Ségolène Royal , partisans du Oui et du
Non, préfèreraient taire leurs divergences sur ce traité
pour mieux atteindre leur objectif interne à la vie du PS....Ce
serait au mépris de la démocratie, du débat,
du respect de la volonté du peuple souverain.... Dommage, non,
quand seuls les députés et sénateurs socialistes
pourront faire pencher la balance en cas de révision de la
Constitution??...( voir "Comment",
actions proposées)

Une
autre explication possible a peut-être été donnée
sur le blog de Pierre-Luc Séguillon :http://blog-pl-seguillon.lci.fr/article-160276-6.html
"
TRAITE SIMPLIFIE: A CHACUN SON PROBLEME
Mais
le Premier secrétaire du PS et ses camarades ne pourront longtemps
demeurer dans le flou. Nicolas Sarkozy souhaite que ce traité
soit soumis à ratification dès le début de l’an
prochain.
Et comme
le chef de l’ Etat a plus d’un tour dans son sac, il a
laissé entrevoir la possibilité d’une révision
constitutionnelle qui conjuguerait à la fois le feu vert donné
au traité simplifié, un statut de l’opposition
et … pourquoi pas, une dose de proportionnelle !
Bien
entendu, proclame l’Elysée, il ne s’agit pas, de
la part de Nicolas Sarkozy , d’un troc : « vous votez
le traité, du moins vous faites en sorte qu’il ne soit
pas recalé et je vous offre en échange un statut et
une dose de proportionnelle » ! Mais cela, il faut bien en convenir,
y ressemble fort !
A chacun
son problème. A chacun sa manière de le résoudre
! " .
***
En tout
cas, voilà ce que dit Marianne 2 le 20 Octobre 2007
http://www.marianne2.fr/La-gauche-du-non-se-reveille-avec-la-gueule-de-bois_a80156.html
La
gauche du « non » se réveille… avec la gueule
de bois
Les opposants de gauche à la Constitution européenne
tentent de se mobiliser face au traité simplifié. Mais
le PS craint tellement de rouvrir les plaies à peine cicatrisées
de 2005 qu'il pourrait bien faire capoter l'opération.
Ce serait comme un groupe qui tenterait de se reformer quelques années
plus tard… mais le chanteur n'aurait plus de voix. Mardi 16
octobre, les partisans d'Attac, accompagnés d'Yves Salesse
(Fondation Copernic), de Claude Debons (CFDT), d'Alain Krivine (LCR)
et des représentants de différentes mouvances de la
gauche (Cactus la gauche, Mars, les alternatifs…), ont –
enfin - déclaré la guerre au projet de Traité
simplifié. Objectif : empêcher qu'un texte qu'ils considèrent
comme un Traité constitutionnel bis ne repasse par voie parlementaire,
exiger un référendum et déployer un argumentaire
percutant pour s'opposer au projet. Il était temps, le nouveau
Traité doit être validé cette semaine par les
chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne réunis
à Lisbonne. Mais difficile de mobiliser quand les partisans
les plus virulents du « non » au référendum
du PS se font soudain si discrets. A cette réunion unitaire,
on attendait Jean-Luc Mélenchon, et on ne vit que sa représentante,
Audrey Galland. Côté PS, seuls Marc Dolez, député
du Nord, et Gérard Filoche avaient fait le déplacement.
Oui,
non, bof
Rue de Solférino, la cacophonie pointe sous une chape de non-dits.
Les fabiusiens s'expriment par voie de presse pour demander un nouveau
référendum. Mais, même sur cette exigence démocratique
minimale, « inscrite dans le projet du PS de 2006 et reprise
par la candidate », comme le rappelle le remplaçant de
Laurent Fabius au bureau national, Guillaume Bachelay, des dissonances
troublent le message. Dans un entretien à Libération,
la fabiusienne Pervenche Berès expliquait, jeudi 18 octobre,
qu'en cas de référendum, « le PS devrait prôner
l'abstention ». « Il est étrange de dire d'avance
ce que l'on appellerait à voter sur un texte dont on ne dispose
pas encore », nuance Guillaume Bachelay. Et surtout sans discussion
préalable entre les différents courants. Sur la question
européenne, depuis 2005, on marche sur des œufs. Même
pour savoir s'il faut appeler à un référendum,
les discours patinent. Timidement, Benoît Hamon, Harlem Désir,
Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon se prononcent pour.
Mais le président du groupe à l'Assemblée, Jean-Marc
Ayrault, et surtout
Pierre Moscovici, sont favorables à une ratification parlementaire.
Allumer
la mèche... du pétard mouillé ?
« C'est à nous, les unitaires, d'allumer la mèche
pour donner un peu de courage politique aux nonistes du PS. S'ils
voient que le débat prend forme, ils nous rejoindront, veut
croire Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste. Mais
ils sont tétanisés par la recomposition des courants
et des tendances qui ne prendra fin qu'avec leur Congrès, en
octobre 2008. » Focalisés sur le jeu politique interne
jusqu'à la désignation d'un nouveau Premier secrétaire,
les socialistes, emmenés par François Hollande, pourraient
donc finalement opter pour la position la moins engageante possible
: réclamer mollement un référendum et prôner
l'abstention. A l'exception de George Sarre, qui n'est plus au PS
depuis 1991, et qui a frontalement attaqué le Traité
dans une tribune du Monde cette semaine, les uns et les autres pourraient
mettre leurs convictions de côté, au profit de calculs
tacticiens et de jeux d'alliances qu'ils espèrent profitables.
Au risque de faire capoter le débat sur l'Europe et de passer
à côté de l'actualité politique.
Samedi 20 Octobre 2007 - 00:02
Anna Borrel
***
et un
texte de Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction
de Marianne du Mardi 23 Octobre
http://www.marianne2.fr/Mini-traite-le-PS-dans-un-maxi-piege_a80353.html
Mini
traité : le PS dans un maxi piège
Les socialistes vont tenter d'en sortir aujourd'hui, lors de leur
bureau national, mais ils sont dedans jusqu'au cou, jusqu'aux yeux,
jusqu'aux cheveux ! Dans le piège du mini traité européen
que Nicolas Sarkozy a tenu à armer avant les élections
municipales. C'est pourquoi le chef de l'Etat a réuni précipitamment
les dirigeants de l'UMP dimanche dernier après le sommet de
Lisbonne. Il s'agissait de profiter de ce grand succès diplomatique
qu'est celui de la France, qui est le sien, qui doit devenir aussi
celui de la majorité… Il fallait donc capitaliser ce
succès en organisant dans tout le pays des meetings de mobilisation
et l'UMP devait en profiter pour faire éclater au grand jour,
aggraver encore les divisions du PS et de la gauche sur l'Europe.
C'est pour cette raison que la ratification de ce traité dit
simplifié sera poussée à marche forcée,
de l'examen devant le Conseil constitutionnel dès le 14 décembre
après ratification par les 27, au vote devant le Congrès,
juste après les fêtes de fin d'année mais, en
tout état de cause, avant les municipales afin de placer l'opposition
devant ses contradictions. Soit le PS dit non et il s'oppose
à tous les socialistes européens et un bon nombre de
ses dirigeants qui sont favorables au texte, soit il dit oui et il
se met en porte-à-faux avec sa gauche noniste. Soit encore
il s'abstient, ce qui lui sera aussi reproché par les mêmes
et de toute façon, les deux camps s'affronteront par média
interposés.
Ce piège,
le PS l'avait évidemment subodoré, puisqu'une commission
s'est réunie plusieurs fois depuis l'été sous
la direction du député européen Benoît
Hamon afin de tenter de dégager une position commune qui permette
d'éviter la guerre civile avant les échéances
électorales. C'est au nom de cette raison supérieure
qu'Hamon et la direction du PS espéraient non pas s'en tirer
indemnes mais dégager une position qui évite l'écartèlement.
Le premier point tient en un renoncement au référendum.
Comme François Bayrou, Ségolène Royal s'était
engagée à demander une nouvelle consultation référendaire
des Français afin que ne puisse être refait sans le peuple
ce qui a été défait par lui.
Plus
question d'exiger un référendum puisque ce traité
ne serait plus qu'un texte technique qui permette une relance a minima
de l'Europe sans rien régler des politiques essentielles à
inventer en matière sociale comme énergétique
ou même éducative. L'on voit ce qui pourrait
faire consensus au PS selon la direction : une abstention ou un refus
de vote critique. Allez hop, circulez, il n'y a rien ou si peu à
voir. L'essentiel est ailleurs, sur l'Europe sociale donc
d'abord qu'il faudra réinventer. Ainsi tenterait-on de s'en
sortir par le haut, ou par le bas. C'est en tout cas ce qu'a dénoncé
le noniste historique Jean-Luc Mélenchon qui, en dépit
des pressions des fabiusiens favorables à une abstention raisonnable,
a déclaré qu'il n'y aurait pas de consensus sur cette
question, que « ce traité n'était ni simplifié
ni démocratique ni social ».
Mélenchon
est symbolique de toute cette gauche qui refuse toujours qu'on lui
refile en contrebande ce qui a été refusé au
grand jour. Une gauche qui rassemble du monde sur le terrain et qui
refuse de mettre son drapeau rouge dans la poche. Alors qu'en face,
les ouistes eux aussi sont mal à l'aise à l'idée
de s'abstenir. Jack Lang a déjà
dit que pour lui c'était oui. D'autres députés
européens comme Bernard Poignant et Pierre Moscovici ou même
l'ancienne candidate à l'élection présidentielle,
Ségolène Royal, sont favorables au « oui malgré
tout ». Alors, bien sûr, ils ne voudront
pas faire la guerre sur ce sujet. Ils ne voudront pas porter la responsabilité
d'un clash dans le parti juste avant les municipales. Mais c'est pour
eux une sortie piteuse qui revient à porter la responsabilité
du texte qu'ils vont laisser approuver sans en tirer aucun profit.
Les ouistes abstentionnistes seront la cible des nonistes, sans même
défendre leur point de vue ni leurs convictions et en laissant
Sarkozy pêché, chaluté toujours plus dans leurs
rangs.
On comprend
pourquoi le chef de l'Etat avait recruté Jean-Pierre Jouyet
aux Affaires européennes. Cet ancien proche, très proche
de François Hollande, va pouvoir accompagner partout en France
pendant la campagne électorale le chef de l'Etat afin de vanter
son engagement européen qui est censément aussi à
la base de l'engagement socialiste. Et sous les applaudissements arriveront
ensuite sur scène UMP un autre europhile, Bernard Kouchner,
et puis Jean-Marie Bockel et puis Jack Lang, etc. Le maxi supplice
du mini traité est avancé.
Mardi 23 Octobre 2007 - 12:59
Nicolas Domenach
à
suivre.... 