Réponse
de Claude Saulnier, sénateur des Côtes d'Amor ( Bretagne)
Bonjour,
Tout d'abord, je m'étonne des conclusions hâtives que
vous tirez du délai de huit jours auquel vous faites référence.
Cela ne vaut pas refus de rendre des comptes devant les citoyens.
Je tiens notamment à préciser que je me suis déjà
exprimé publiquement sur le sujet, en cosignant une tribune
dans Libération ( http://www.liberation.fr/rebonds/289060.FR.php).
En résumé :
- Je souhaite un référendum.
- Je suis favorable à l'adoption de ce traité, et
donc à ses conséquences en termes de modification
de la Constitution.
Cordialement,
Claude Saunier
Puis
réponse du 7 décembre 2007
Saint-Brieuc, le 7 décembre 2007
Monsieur,
Vous m’avez interrogé sur ma position quant au Traité
Constitutionnel Européen.
Cette interrogation, adressée à un parlementaire engagé
par sa fonction dans l’action publique, est légitime.
Je tiens à rappeler en premier lieu que, par formation –j’ai
enseigné l’histoire- et par conviction –homme
de gauche, je n’oublie pas mes racines internationalistes,
je suis profondément attaché à la construction
européenne.
Le risque d’éclatement de l’espace de paix constitué
par l’Europe avec la chute du mur de Berlin et la réunification
de l’Allemagne, m’a conduit à m’engager
fortement en faveur de la ratification du Traité de Maastricht
en 1992. J’ai pris l’initiative d’un comité
de soutien au OUI dans mon département des Côtes d’Armor.
Cette conviction européenne a soutenu un engagement aussi
clair, contre le Projet de Constitution Européenne soumis
au referendum du 29 mai 2005. Je n’ai pas admis l’inscription
« dans le bronze constitutionnel » de la soumission
à la doctrine libérale.
Aujourd’hui, le Traité, préparé par la
conférence intergouvernementale de Lisbonne, ne porte que
sur le cadre constitutionnel et n’aborde par le contenu et
la philosophie des politiques européennes, à la différence
du texte refusé par le peuple français en 2005. Je
mesure les insuffisances et les lacunes de ce traité. Mais
il ne porte que sur le fonctionnement des institutions et n’est
pas présenté comme une « constitution »
par nature pérenne.
Lecteur attentif et vigilant du texte, je ne m’y opposerai
donc pas.
Cependant, je condamne la décision du Président de
la République qui refuse la voie référendaire
sur un texte dont chacun mesure l’importance. Je considère
que le peuple français, interrogé sur le premier projet
de constitution, devait aussi s’exprimer directement sur le
texte actuel. J’ai donc publiquement appelé à
l’organisation d’un referendum sur cette question.
Pour autant, par respect des institutions de la Républiques,
du choix opéré par le Peuple lors des élections
présidentielles, je ne m’opposerai pas à la
ratification du traité proposé pour de simples considérations
tactiques. Chacun doit assumer ses choix en toute clarté.
Ce que je fais aujourd’hui en vous répondant.
Souhaitant avoir exprimé un point de vue dont vous apprécierez
la cohérence et la clarté, je demeure à votre
disposition pour continuer le débat et vous assure de mes
sentiments les meilleurs, authentiquement européens et socialistes.
Claude SAUNIER
Sénateur des Côtes d’Armor