BRUXELLES
(Reuters) - La majorité des Européens
veulent se prononcer par référendum sur un nouveau
traité européen, préfèrent leur monnaie
nationale à l'euro et souhaitent limiter les pouvoirs de
l'Union européenne.
Tels
sont les résultats d'un sondage réalisé en
mars auprès de 17.443 citoyens des 27 pays membres de l'UE
pour le cercle de réflexion britannique Open Europe à
la veille des célébrations de Berlin pour le 50e anniversaire
du traité de Rome.
Même
si les résultats sont nettement plus négatifs que
ceux donnés par Eurobaromètre, qui travaille pour
la Commission européenne, ils ont de quoi faire réfléchir
les dirigeants européens soucieux de relancer la machine
institutionnelle.
"Ils
feraient bien d'écouter plutôt ce que les citoyens
leur disent", a dit dans un communiqué Lorraine Mullally,
directrice de recherche à Open Europe, un centre de réflexion
peu suspect de fédéralisme.
Les
résultats devraient rendre prudents les dirigeants européens,
qui fixeront à 2009 l'échéance pour approuver
un nouveau traité: 75% des électeurs de l'Union européenne
veulent s'exprimer par référendum sur un nouveau traité.
En
France, ils sont 81% à vouloir un nouveau référendum.
"Les
dirigeants européens espèrent éviter de nouveaux
référendums sur le nouveau traité, mais les
électeurs (...) disent qu'ils veulent donner leur avis",
a ajouté Mullaly.
Sur
les 18 pays qui ont ratifié la Constitution européenne,
seuls deux - l'Espagne et le Luxembourg - ont eu recours à
une consultation populaire, tous les autres pays, dont l'Allemagne,
passant par la voie parlementaire, moins risquée.
UN
MESSAGE À SARKOZY?
Le
message est particulièrement clair en France, qui a rejeté
le traité constitutionnel par référendum en
2005.
"A
un mois du premier tour de l'élection présidentielle,
c'est un avertissement au prochain président français,
surtout à Nicolas Sarkozy qui veut éviter un nouveau
référendum s'il est élu. A peine 16%
des Français sont d'accord avec son idée d'approuver
un nouveau traité européen par voie parlementaire."
Une
majorité relative d'Européens (41%) pensent que l'UE
devrait avoir moins de pouvoirs qu'actuellement, contre 28% qui
pensent qu'elle devrait gérer plus de compétences.
Une
majorité relative (49%) des citoyens de l'Eurozone préféraient
revenir à leur ancienne monnaie nationale, contre 47% qui
sont heureux de l'introduction de la monnaie unique.
Les
Grecs sont les plus mécontents, avec un taux de 70% de citoyens
demandent le retour de la drachme, et les Allemands sont aussi 54%
à être nostalgiques du mark. Les Français sont
55% à vouloir garder l'euro et les Irlandais sont les plus
enthousiastes envers la monnaie unique, avec un taux de 77%.
Parmi
les non-membres de l'euro, les Britanniques sont 77% à vouloir
garder leur livre mais ils ne sont pas isolés: 60% des autres
pays qui sont dans le même cas ne veulent pas de l'euro.
Les
priorités des citoyens européens sont la limitation
des pouvoirs de l'UE et sa transformation en une simple zone de
libre-échange sans objectif politique, même en France,
un résultat surprenant pour un pays qui proteste souvent
contre cette vision toute britannique de l'Europe.
En
revanche, les Européens sont contre la création d'un
poste de ministre européen des Affaires étrangères,
qui est l'une des dispositions de la Constitution, et sont opposés
à la fois à de nouveaux élargissements et à
toute réforme de l'Europe verte.
Une
majorité - 56% - estiment que "l'UE n'est pas représentative
des citoyens ordinaires dans notre pays.